Pour être très franc, les Pixies, je ne connais pas : ça fait partie de ces groupes à côté desquels je suis tranquillement passé toutes ces années durant et, à l’exception de « Where is my mind », cette horrible pseudo comptine glauque, je n’avais aucune idée de ce à quoi je pouvais m’attendre en allant au concert, samedi dernier, à L’Olympia.

En dehors d’un salut des plus formel à la fin, pas une seule adresse au public pendant les deux heures cinq d’un show baigné de sublimes lumières pas intrusives, pas invasives, pas épileptiques, mais mettant admirablement en couleur chaque chanson et laissant la plupart du temps un groupe, dont les silhouettes se détachent et dont les visages restent mystérieux, dans un semi-statisme presqu’agressif.

Cependant, ce qui se dessine, pour le néophyte que je suis, n’est pas l’ennui habituel des stars qui ressassent pour la douze millième fois leurs morceaux les plus connus mais une bande de quatre parfaitement à l’aise sur un plateau et qui fait le job dans la plus grande des tranquillités. Alors, effectivement, ce n’est pas un concert de rock comme certains pensent qu’il est obligatoire de faire : ça ne saute pas partout, ça ne dit pas « hello Paris » et « we love you » à tout bout de champ, mais il faut quand même avouer que la majorité des chansons, très américaines, entre rock alternatif sirupeux et bruitages noisy à tendance dépressive, ne s’y prête pas du tout. L’autre partie, en revanche, beaucoup plus proche du punk que de la soupe sus-décrite, électrise agréablement le spectateur que je suis. Ca ne bouge pas plus mais la puissance contenue du gros Frank Black, le chanteur et guitariste rythmique du groupe, et les « approximations » du demi-débris qui sert de batteur rendent le truc extrêmement vivant et parfaitement honnête.

Et c’est d’ailleurs cette dernière impression qui restera tout le long du concert : un groupe à la démarche honnête qui fait ce qu’il a envie de faire en faisant malgré tout attention, et sans fioritures, à satisfaire un public amoureux qui, pour une fois, dans un Olympia bourré à craquer, et malgré le prix affolant des places, n’avait pas l’air de faire partie de la clique des habituels minets tout jolis, sapés comme dans les bars à la mode et qui viennent là pour la hype et la bière hors de prix en mode « before de party », mais d’une catégorie bien plus bizarre et que l’on croise de moins en moins dans ce genre de salle : des gens banals, pas attifés comme des clichés, ne hurlant pas à l’oreille de son voisin pour lui raconter sa semaine, fixant le plateau sans discontinuer et, manifestement, très heureux d’être là ; au point même, la plupart du temps, d’en oublier de sortir l’accessoire pourtant indispensable des soirées concert : le portable qui filme. Dingue, non ?!

LdG