Il y a de nombreuses façons de questionner ce qu’il en est de l’intelligence. Existe-t-elle sous des formes différentes, manuelle, émotionnelle, abstraite, par exemple ? L’intelligence mathématique est-elle sa forme la plus achevée ? Peut-on parler d’intelligence animale, comment considérer "l’intelligence artificielle" ? Pour commencer à se repérer, on peut chercher une définition. Selon le Larousse, c’est la “capacité de saisir une chose par la pensée”. Façon policée de tourner en rond, comme le firent également souvent autrefois les philosophes et les théologiens, en renvoyant à une faculté de … l’esprit immatériel. La tête d’un côté, le corps de l’autre, vieille histoire, mais vraie interrogation. Comment peut se faire le lien ? C’est la neurobiologie qui peut considérablement aider à le comprendre, non pour en trouver le gène, mais pour approfondir “la naturalisation de l’esprit, comprise comme l’étude des mécanismes cérébraux, et aussi de la façon dont ils se développent et ont évolué” (Alain Prochiantz). Reste la sourde interrogation—est-on un raté, un inutile, quand on ne brille pas par l’intelligence ? Là, c’est l’art qui proposera des réponses.

EP.

Alain Prochiantz, neurobiologiste, est spécialiste de la morphogenèse cérébrale. Il a dirigé l’Unité CNRS Développement et Évolution du Système Nerveux ainsi que le Département de Biologie de l’ENS. Il est membre de l’Académie des Sciences, titulaire de la chaire Processus morphogénétiques et directeur du Centre interdisciplinaire de recherche en biologie au Collège de France, dont il est l’administrateur depuis 2015. Il a « fabriqué » avec le dramaturge Jean-François Peyret plusieurs pièces de théâtre dont les Variations Darwin (2005) et Ex Vivo / In Vitro, (Théâtre de la Colline, 2011). Il a récemment publié Géométries du vivant (Fayard, 2008), Qu’est-ce que le vivant ? (Seuil, 2012).

Evelyne Pieiller est membre de la rédaction du Monde diplomatique, elle a collaboré régulièrement aux : Magazine Littéraire, Quinzaine littéraire, L’Insensé. Traductrice des œuvres de Grégory Motton et de Sarah Kane. Travail dramaturgique pour Claude Régy. Scénariste pour Marco Ferreri, Valéria Sarmiento, Emilio Pacull. Derniers textes publiés : L’Almanach des contrariés (Édition Gallimard), Iggy (La maison d’à côté), Dick, le zappeur de mondes (La Quinzaine Littéraire / Louis Vuitton), Une histoire du Rock pour les ados (Le Diable Vauvert), L’Almanach des réfractaires (Editions Finitudes). Théâtre : Assommons les pauvres (création 2016 - Le Triton).

Crédit : Gilles Coissac - Atelier obscur