Edito

On ne peut plus faire confiance à personne !
Comme le dit l’adage « En avril, ne te découvre pas d’un fil. En mai, fais ce qu’il te plaît . », ce jour marque le début de la période où on peut virer les pull et les manteaux et se balader tranquillement en t-shirt, sereins, bercés par une chaleur printanière, caressés par les rayons d’un soleil dont la vigueur nargue le travailleur pas encore tout à fait en vacances estivales. Mais non : de plus en plus souvent, on a un mois d’avril superbe avec des températures supérieures aux valeurs saisonnières, comme le dit si bien Jean-Pierre Hameau de Météo-France, et le premier jour de mai se montre pluvieux et plus frais que d’accoutumée. Quel dommage !

C’est pourtant pratique, un premier mai ensoleillé : ça permet de profiter d’un des jours fériés préférés des enfants, en leur compagnie, en marchant généralement entre la République et la Bastille, détendu du citron, au son des « on lâche rien » et des vendeurs de merguez qui appâtent le chaland, avant de rejoindre un des parcs publics les plus proches avec un pack de bière ou un biberon, c’est selon, et de jouir de ce qui, le plus souvent, se rapproche très fortement d’une sortie dominicale en pleine semaine.
C’est pourtant plaisant d’être accompagné d’une clémence météorologique pour se retrouver tous ensemble dans la joie et la bonne humeur, dans les cortèges souvent aérés de la seule manifestation politique et syndicale qui n’impose pas d’avoir déposé un préavis de grève pour avoir le loisir d’y participer.
C’est pourtant agréable un climat doux pour jauger de l’état d’esprit général d’un pays auquel il arrive encore parfois, le jour de la fête internationale des travailleurs, de défier avec les syndicats le gouvernement et sa politique générale. Mais non, de plus en plus souvent, comme aujourd’hui, parce que la météo en a décidé autrement et fait mentir l’adage, il y a tout pour se cailler les miches et finir potentiellement trempé. Scandale !

Enfin, Dieu merci, aujourd’hui, justement, malgré une situation climatique délicate, pas vraiment de regret parce que, pour une des toutes premières fois depuis un siècle, puisqu’on est toujours confinés, les festivités sont annulées. Ca tombe quand même rudement bien !
Et bien, rien que pour ça, moi, j’ai quand même envie de dire : vive la République et vive la France.

Lucas de Geyter

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